Antoine Ducommun

Fin d’année...

vendredi 14 janvier 2011, par Aduco

Lundi nous nous rendons en ville pour acheter les cartes topo qui nous permettront de gagner le Bénin à pied d’ici quelques semaines. Lydia, qui doit aussi aller faire quelques achats, nous accompagne. Première étape : regonfler nos pneus. Heureusement, le petit mécano de l’autre côté du mur est présent. Le gonflage est donc rapide et efficace. Nous enjambons nos montures et pédalons rapidement. Un petit kilomètre plus loin « PAN ! », le pneu arrière du vélo de ma Lilou vient d’exploser. Pneu et chambre à air sont à changer. Par chance, un réparateur se trouve pile de l’autre côté de la route. Lydia continue, nous nous donnons rendez-vous à la librairie.

Après concertation, j’abandonne aussi ma Lilou à ses réparations, afin de ne pas arriver trop tard à l’Office de Topographie.

Arrivé au bureau de vente des cartes, je demande à consulter les dernières versions des cartes au 1:200’000e (1 cm > 2 km). Il nous faudra 3 cartes pour couvrir la zone jusqu’à la frontière béninoise. En regardant les dates d’éditions des cartes, je suis très surpris de constater qu’elles datent de 30 ou 40 ans ! En effet, une des cartes porte la mention « Édition 1968 » pour la plus ancienne et les autres « Seconde édition, mise à jour partielle 1980 », je demande à la vendeuse si des versions plus récentes existent, mais rien !

Afin de bien lui faire comprendre que je souhaiterais vraiment les dernières versions (afin de ne pas s’égarer en chemin), je lui parle de notre projet de rejoindre le Bénin à pied. Le « Hein ! » typique sort de la bouche de mon interlocutrice ! Elle n’en croit pas ses oreilles et me demande pourquoi nous souhaitons marcher sur une telle distance et qui plus est en pleine brousse ! Je lui réponds que c’est pour aller à l’aventure et à la découverte des gens que nous voulons parcourir cette distance à pied. Quand ma Lilou nous rejoint enfin, la vendeuse, toujours incrédule, lui redemandera le but de notre marche. Les Burkinabés ont beaucoup de peine à concevoir la marche comme un plaisir ! Au moment de payer les cartes apparaît un nouvel imprévu. L’une des cartes est en rupture de stock, il faudra donc repasser en fin de semaine, qu’ils aient le temps de scanner et réimprimer une nouvelle feuille.

Nous continuons notre virée en ville. Un arrêt à la librairie Diacfa, source de culture, où il fait bon flâner permet à Lydia de relever les prix des livres pour la future bibliothèque de l’école qu’elle tente de mettre sur pied. Nous tentons de trouver des guides sur le Bénin et la Tanzanie, en vain.
Nous décidons de dîner à l’Eau-Vive, excellent restaurant en face du grand marché, tenu par des sœurs missionnaires. Au menu « filet de capitaine aux herbes de Provence » ou « Gigantesque Omelette et salade d’avocat », le tout arrosé d’un délicieux vin d’oseille, ressemblant presque à un blanc-cassis ! Au dessert, nous dégustons une excellente coupe glacée aux fruits de la savane ainsi qu’une salade de fruits frais. Un régal ce repas !

Sur le trajet du retour, nous essayons de retirer de l’argent à l’aide de notre carte Visa. Rien à faire : fonds insuffisants !!! Je téléphone donc pour la énième fois à mon frère pour savoir s’il a réussi à faire le versement que je lui avais demandé... le versement a bien eu lieu durant les fêtes de Noël, mais il faudra attendre quelques jours que l’argent arrive sur le compte.


Mardi matin, nous nous rendons en classe de CM2. Malgré les vacances, les élèves doivent venir travailler afin de prendre de l’avance sur le programme ! Nous leur apportons le reste de la viande de Noël pour leurs dix-heures. Quand le maître leur dit que nous avons un cadeau pour eux et qu’en plus c’est de la viande, leurs yeux s’illuminent !!! Ils sont encore plus contents que s’ils recevaient tous un bonbon, même que les bouts sont minuscules et composés à moitié d’os !

À midi, Monsieur Yero, le pépiniériste qui nous a transmis une partie de son savoir sur les arbres de la région vient dîner. Nous l’avons invité afin qu’il puisse relire le document que Lilou a mis en page grâce à ses indications. Les corrections sont aussi efficaces, que le plat de spaghettis qu’on lui sert lui fait plaisir. M. Yero est un Africain qui sait transmettre ses connaissances et qui est ouvert à de nouvelles pratiques. Petit exemple parmi d’autres, il nous apprend qu’ici au Burkina, les gens mangent toujours les carottes crues, mais comme il y en avait dans notre sauce tomate, il nous dit qu’il demandera à son épouse d’essayer de les cuire !
En fin d’après-midi, Élie puis Frank viennent discuter quelques moments chez nous. Après le souper fait des restes de midi, nous partons au cyber, nous connecter au vaste monde...

Mercredi après-midi, nous partons à la piscine faire trempette et aussi préparer la suite de notre périple en Afrique. Pas facile de choisir un safari en Tanzanie ! L’offre est pléthorique, les possibilités nombreuses et le luxe un peu trop présent à notre goût. Ce que nous souhaitons, c’est voir des animaux, découvrir un nouveau pays, mais éviter de dormir à trop bonne enseigne dans des lodges au confort exagéré et trop coûteux pour notre budget.

De retour chez nous, nous continuons de lire des informations sur le Bénin et la Tanzanie. Au souper, on se fait plaisir avec une bonne platée de pommes de terre rissolées et des carottes à la crème !

Jeudi matin nous allons trouver Mady qui aurait dû recevoir des informations concernant la taille des arbustes que nous devons effectuer sur le terrain du CFA. Malheureusement, les personnes contactées ne prennent pas la peine de répondre à ses appels. Nous décidons donc de téléphoner directement au responsable de l’association en question. Celui-ci nous informe que le travail que l’on prévoyait de leur demander n’est pas réalisable par eux. Il faudra donc nous débrouiller seuls pour réaliser les tailles permettant de délimiter les bordures des parcelles. Hache et machette seront de la partie en lieu et place de la débroussailleuse et de la tronçonneuse que l’on aurait souhaité utiliser. Nous contactons donc rapidement le Pasteur Alidou afin qu’il puisse rassembler un peu de mains d’œuvre supplémentaire. La taille est agendée à mercredi prochain.

Nous passons la suite de la journée à lire et relire des informations pour la suite de notre voyage. Les noms Pendjari, Natitingou, Parakou, Abomey, Ganvié, Cotonou, Grand-Popo, Porto-Novo... au Bénin et Ngorongoro, Serengeti, Tarangire, lac Manyara, lac Natron, île de Zanzibar... en Tanzanie commencent à nous être familiers ! Nous commençons également à réfléchir à notre itinéraire pour rejoindre le Bénin... mais il nous manque toujours une carte !

Vendredi, Lilou termine de lire et corriger la première partie du travail de maturité de sa petite frangine ! Il s’agit d’une nouvelle fantastique de 40 pages, sortie tout droit de son imagination et de documents scientifiques sur les OGM. Super petit bouquin que je vous recommande - Attention, pas encore en vente, sortie prévue en mars ;-) !!!

Antoine se rend en ville à vélo, histoire d’aller acheter la carte topo manquante et d’essayer une dernière fois de retirer de l’argent ! Eurêka, cette fois le distributeur accepte de nous délivrer la liasse de 40 billets de 10’000 FCFA !

Le soir, souper avec Élie puis suite de la lecture et annotation du livre de Zouc. Un peu avant minuit, nous sortons nous balader dans le quartier pour voir comment les Africains fêtent le passage à la nouvelle année. Nous repérons un lieu plein d’animation et passons la porte du « Maquis La Joie ». À l’intérieur une foule de jeunes Africains vêtus à la mode européenne se trémousse sur de la musique moderne. Nous sommes invités à la table de Siccé, un musicien de djembé connaissant La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel où il est venu participer avec son ancien groupe au Buskers Festival en 1998 ! Il nous paye une bière pour fêter la nouvelle année et nous échangeons quelques mots sur nos pays respectifs.

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