Antoine Ducommun
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Petite virée au Togo et départ pour Parakou

lundi 21 février 2011, par Aduco

Mardi 1er février, nous nous préparons pour notre petite virée au Togo. Le départ est prévu à 15h, mais n’oublions pas le timing africain, nous ne partirons pour finir qu’à passé 17h30 ! Notre guide nous montre la route sur une grosse moto, et moi je suis avec Antoine sur un scooter. Le début de la route se passe bien, mise à part une petite chute dans le sable, sans gravité, juste une petite frayeur ! C’est tout un apprentissage la conduite dans le sable, c’est presque plus dur que dans la neige !

Comme nous sommes partis bien plus tard que prévu, la nuit tombe alors que nous sommes à mi-parcours.

La conduite sur des chemins défoncés, bourrés de trous et empoussiérés n’est pas facile, mais avec en plus avec la nuit, la visibilité est quasi nulle. De plus, notre phare éclaire trop haut, donc notre seul repère c’est de fixer la moto de notre guide, quelques mètres devant nous. Mais soudain, nous apercevons des masses noires sur le chemin et au même moment, nous plantons les freins en voyant James à terre, avec sa moto. Un troupeau de zébu nous barre la route et James a dû freiner d’urgence pour éviter la collision. S’ensuit alors une grosse dispute verbale entre lui et les deux gardiens Peuls, qui sont sensés faire traverser rapidement les bestiaux et pas les laisser faire une sieste digestive au milieu de la piste. Les hauts cris amènent des spectateurs, et 5 minutes plus tard, il y a une quinzaine de personnes, hommes et femmes qui crient et gesticulent dans tous les sens.

Malheureusement ou heureusement pour nous, nous ne comprenons pas ce qu’ils disent ! Comme la moto a des dégâts et que le Peul ne veut pas reconnaitre son tort (très relatif), nous partons chez le chef du village pour régler le conflit. Discussions, attentes, grignotage en douce de quelques biscuits (il est 21h et nous n’avons rien mangé depuis midi !). Comme le chef du village n’arrive pas à résoudre la situation, départ de toute la smala pour aller chez le chef canton. Manque de bol, il vient de décéder. Comme aucun accord ne peut être trouvé, le Peul dormira dans la prison de la maison du chef canton, et sera conduit demain à la gendarmerie. Bref, après plusieurs heures d’attente, nous reprenons la route à tâtons… Vers 23h, nous atteignons enfin les premiers lampadaires de la petite ville de Pya. Elle à la chance d’être bien entretenue, car c’est la ville d’origine du président actuel, donc route en parfait état, lampadaire, le grand luxe ! Nous dormons chez la maman du guide, dans une petite pièce, à même le sol.

Le lendemain, nous déjeunons avec du délicieux couscous africain (fait à partir de cossette d’igname), assaisonné au piment ! Nous allons visiter un forgeron et une potière durant la matinée. C’est super de voir cette dame âgée donner forme à un morceau de terre en quelque 30 minutes seulement !!!


Nous nous rendons dans la grande ville de Kara pour dîner. Nous profitons du jour du marché pour le visiter. Parmi les stands, nous tombons sur celui-ci : rempli de caméléons séchés, de pattes de zèbres, d’oiseaux séchés, bref, que de choses appétissantes !!!

L’après-midi, nous nous rendons à des fêtes de funérailles. Il faut savoir qu’au Togo, vers la grande ville de Kara, une personne qui décède à plus de 70 ans a eu une vie remplie, complète et aura droit à une grande fête dans la joie. Par contre, une personne qui décède avant 70 ans, c’est une tristesse, et ceci d’autant plus si c’est un enfant. Dans le cas présent, la défunte avait plus de 70 ans, l’heure est donc à la fête ! Nous sommes accueillis par un de ses fils, nous recevons chacun une assiette de riz, avec sauce, viande et boissons.

Dès 15h, différentes parties de la famille arrivent en dansant au son des djembés, recouverts de talcs et brandissant des bouts de branches d’arbre. C’est très intéressant de vivre des funérailles aussi festives !


Déchargement de chèvres en toute douceur !!!

Nous soupons chez la maman du guide.

Le lendemain, la route sera très longue pour rentrer au Bénin, et la seule visite de la journée sera décevante par rapport au village troglodyte qu’on s’attendait à découvrir : grotte et visite au chef féticheur.


Seule chose intéressante : les champs d’ignames (nouvelle passion d’Antoine ;- !!! Évidemment, ça se rapproche de la pomme de terre !!!)

Nous devrons nous arrêter à maintes reprises pour réparer notre moto et celle de notre guide. À un moment, nous risquons même un grave accident lorsque nous dépassons un camion sur une grande route et que le pneu que nous venons de faire réparer lâche d’un seul coup. Heureusement qu’Antoine a le reflex de poser ses pieds pour stabiliser la moto et que je me cramponne à lui pour garder l’équilibre ! Grosse frayeur ! Heureusement, nous avions demandé à avoir des casques !!!

Vendredi matin, départ matinal pour Parakou. Étape suivante dans notre descente vers l’océan !

Le trajet sera un vrai calvaire, chaleur et cacophonie venant des vitres ne tenant pas au véhicule, et de la route qui a tout l’air d’un véritable champ de bataille !!! Autant nous nous sentions bien dans la petite ville tranquille de Natitingou, autant Parakou nous déplait totalement… C’est une ville polluée par les zems (taxi-moto souvent sans permis qui conduisent n’importe comment), le trafic, le bruit… L’unique musée de la ville est une misère, et le palais du Roi n’est plus visitable depuis que le roi est mort. Il faut attendre l’intronisation du nouveau roi, ce qui n’est, depuis 3 ans pas possible, à cause de gris-gris malfaisants, nous a-t-on dit !


Petit festin mijoté sur notre petit réchaud à pétrole !!!

Bref, ce que nous retiendrons de Parakou, c’est la visite du centre Songhaï. C’est un centre de développement agricole, qui est super bien construit. Tous les déchets ont leur utilité, rien n’est perdu.


Pisciculture

Il y a des cultures, de la pisciculture, des élevages de poules, canards, dindons, pintades, lapins, … et toutes les cultures sont transformées sur place en divers produits (jus de fruits, nourriture pour animaux et poissons, …). Ce centre compte 80 salariés et 60 apprentis et stagiaires. La formation est complète et très peu coûteuse pour tous ceux qui sont motivés !

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