Antoine Ducommun

Troisième semaine...

jeudi 21 octobre 2010, par Aduco

Dimanche, nous assistons au culte. Il commence à 7h30, mais les gens arrivent petit à petit, alors même que les chants et les prières ont déjà commencé. Le culte se termine avec une prédication sur le renouveau du culte. Le Pasteur Vincent n’y va pas par 4 chemins, il dit qu’il faut se préparer à l’avance, prier tout au long de la semaine et surtout participer. Il dit que trop de personnes viennent à l’église de manière passive et qu’il ne sent pas de motivation derrière leur présence. Il dit même que s’il avait à attribuer des notes, certains auraient zéro ! Eléonore décide donc de ne plus participer aux cultes.



L’après-midi, nous nous rendons avec Lydia au parc de la ville. Depuis que l’on a un peu modifié nos vélos en rehaussant la selle avec un tube plus long et changé les pédales, c’est beaucoup plus agréable de pédaler. Après 20 minutes de vélo, nous payons l’entrée du parc 100 CFA (25 cts). Nous voilà changés de monde. Il y a des grands arbres partout, la végétation est dense et l’on n’entend plus l’agitation de la ville. Le parc est très grand et les sentiers nombreux. Que ça fait du bien de se délasser !

Vers 17h30, nous décidons de regagner notre quartier. Lydia nous fait découvrir le « Resto MamaAfrica ». Il faut se rendre au centre de notre quartier par des routes de terre battue. Le choix des plats est vaste. Nous demandons quelques renseignements entre autres sur la soupe de « boayo » ! Lilou se décide pour un plat de Tô avec une sauce à l’oignon, Lydia prend un poulet bicyclette et je choisis du riz avec de la sauce à la viande le tout accompagné de Fanta et d’eau. Les portions sont gigantesques. Le plat de Tôt est trop gros et Lilou n’arrive pas à finir. La dernière portion de Tôt fera le bonheur d’un enfant qui demandait à manger. Quand nous décidons de payer, nous hésitons à donner un pourboire trop généreux. En effet, le repas nous a coûté moins de 2’500 CFA. Le plat d’Eléonore a coûté moins cher que mon Fanta à 400 CFA (1.-) !

De retour, nous assistons un moment au concert d’évangélisation qui a lieu dans la cour de l’église. Il y a au moins 400 personnes qui sont assises sur les bancs de l’église, disposés en arc de cercle dans la cour. Plusieurs groupes de musiques viennent chanter et animer la soirée. Les « Aléluia ! », les « Notre sauveur Jésus ! » sont criés et la foule répond. Nous partons avant la fin et essayons de nous endormir avec les paroles de l’évangile dans nos oreilles.

Lundi, nous faisons une petite grasse matinée. Les bruits et les chants du concert nous ayant empêchés de nous endormir rapidement. Après avoir essayé de relever nos e-mail dans le bureau de Mady et avoir assisté à la surtension de 400 voltes de son ancien ordinateur, nous avons enfin accès à une connexion internet dans le bureau de l’église. La connexion est lente, très lente… nous n’avons plus l’habitude ! Ici il faut réfléchir avant d’ouvrir une page ou de télécharger une seule image… Il faut se mettre au rythme africain !

Mardi, nous partons visiter M. Yero dans son centre de formation à Bingo.
En route, nous rendons visite à Modeste Ouédraogo. Il est le propriétaire d’une exploitation laitière.

Avec sa vingtaine de zébus, c’est déjà une grande structure pour le pays. Il nous fait visiter les écuries en plein air, nous parle avec motivation des vaches de races européennes et nous montre ses petits veaux. Mady lui offre de la part de l’association Jéthro une faux. Ses employés présents s’en emparent et veulent nous faire une démonstration en manquant à chaque fauche de nous couper les jambes ! La sécurité n’est pas au rendez-vous !

Ce qui est surprenant, c’est qu’avec ce petit cheptel de vingt vaches sans compter les cochons, chèvres et moutons, il arrive à employer et à payer sept ouvriers agricoles en plus de son salaire. Durant la saison des foins, il embauche le double de mains d’oeuvre.


Nous arrivons à Bingo chez M. Yero. Avec lui, nous faisons le tour de toutes les espèces d’arbres qu’il a plantés dans son jardin. Il y en a une bonne quarantaine et à chaque fois, après avoir pris en photo l’arbre et les feuilles, fleurs et fruits, il nous explique les utilisations possibles. Nous nous rendons compte de toute la richesse, autant pour nourrir hommes et bétail que pour soigner, qui se trouve à portée de main de toute la population, mais dont la majorité en ignore l’existence ou préfère, par exemple, les remèdes « européens ». Comme M. Yero a déjà suivi des formations en Europe, il se rend bien compte des années de retard ou de décalage qu’a l’Afrique. Malgré cela, il reste motivé à développer son centre de formation en agroforesterie et à développer sa propre ferme en y appliquant les méthodes qu’il enseigne.

Voici comment on transporte les animaux... Il semblerait que c’est de là que vient le nom des poulets bicyclette !!! (ici des pintades)

Mercredi, nous sommes encore fatigués de la visite en brousse, nous faisons une journée un peu plus calme et nous en profitons pour retranscrire les informations données par M. Yero. En milieu d’après-midi, nous nous rendons au marché du quartier. Comparé au marché de Neuchâtel, on y trouve pas seulement des légumes, mais de la viande, du poisson, des habits, des ustensiles de cuisine (casseroles de toutes tailles, assiettes...) des chaussures, des produits de nettoyage, des épices, des radios, des stands de tissus… Ce qui est surprenant, c’est que les stands sont regroupés par catégorie et vendent à peu près tous la même marchandise. C’est à se demander comment ils s’en sortent !

À chaque stand, nous sommes apostrophés « Nazarra bonjour ! » (Bonjour le blanc) et tous veulent nous vendre le contenu de leur étale. Lilou en a très vite ras le bol, car on ne peut pas s’intéresser à un produit sans se faire harceler. Antoine part à la recherche d’une igname (grosse racine pesant facilement 3 à 5 kg), dont le goût ressemble à celui de la pomme de terre et la texture étant un peu filandreuse.


Mercredi soir, Lilou se rend avec la femme du Pasteur Vincent au centre de santé de Shiffra. Elle y passera la nuit à aider les sages-femmes et les accoucheuses.
XXXX TEXTE SUIVRA !!! XXXXXXX

Jeudi matin, nous partons avec Mady à la Coordination Suisse au centre-ville. Mady doit y récupérer son visa pour sa visite en Suisse et nous, nous devons nous annoncer comme résidant pour plusieurs mois. À notre retour Eléonore se repose de sa nuit de veille.

Vendredi, Lilou est malade, première expérience de la diarrhée tropicale. Antoine passera sa journée à faire des recherches sur internet au sujet des plantations des haies vives.

Samedi, inversement des rôles, c’est au tour d’Antoine d’être un peu malade ! Lilou continuera de mettre à jour le document sur les arbres. En fin d’après-midi nous partons en ville à vélo, dans le but de découvrir le centre-ville. Après un passage rapide dans les rues du marché, et s’être fait à moitié agressé par certains vendeurs qui tenaient à tout prix à ce que l’on visite leur stand, nous partons en direction de l’aéroport. Nous sommes très déçus, nous voulions voir les avions atterrir, mais un grand mur nous cache la piste. Nous remontons en direction du centre et faisons quelques achats dans des supermarchés. Nous nous dépêchons de rentrer pour aller mettre nos achats au frais et surtout pour éviter d’être dehors à la tombée de la nuit, moment que choisissent les moustiques pour faire des attaques groupées !

Samedi soir, Lydia nous invite à souper, nous organisons notre sortie du lendemain. Nous parlons aussi d’essayer de mettre sur pied des après-midi de jeux et de sport pour les élèves de 3e à 6e année primaire. Ici il n’y a pas du tout de cours de gym durant la semaine pour les élèves et les enfants ne connaissent aucun jeu. Nous ne savons pas si nous arriverons à avoir le soutien des enseignants pour mettre sur pied notre projet, car pour eux, le jeu et le sport ne sont de loin pas prioritaire. Ici l’enseignement ne se fait jamais au travers de jeux, mais uniquement par l’apprentissage par coeur des leçons.

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