Antoine Ducommun
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3e : Dimanche riche en émotions... !!!

jeudi 21 octobre 2010, par Aduco

Dimanche, nous avons rendez-vous plus ou moins à 8h30 (heure africaine), avec le chauffeur de la cousine de Lydia. À 9h10, nous partons enfin en direction de la mare aux crocodiles sacrés de Bazoulé, à 30 km de Ouagadougou. À peine parti, le chauffeur plante les freins, et nous éjectons contre le siège avant, n’ayant pas encore attaché nos ceintures. Par chance, deux uniques panneaux à 10 km de distance nous permettent d’arriver à bon port. Mais comme on est en Afrique, il aurait été trop beau de faire un trajet sans encombre !

À 4 km de la mare : panne sèche. Première leçon : toujours vérifier avant de partir en brousse combien il reste d’essence dans le réservoir. Nous nous demandons combien de temps il faudra marcher pour trouver de l’essence. Nous partons donc armé de courage et sous le regard ébahi d’enfants et de paysans travaillant dans le champ à côté.

Par chance, à 300 mètres, sous un arbre, nous trouvons un petit stand vendant de l’essence en bouteille. Nous voilà repartis et nous arrivons enfin à la mare.

Nous remarquons tout de suite que c’est un lieu bien touristique par la présence de « blancs », et par le « luxe » des bâtisses du lieu. On savait (on l’avait lu dans un guide) qu’il y aurait des personnes qui vendraient des poulets pour donner aux crocodiles, mais Lilou avait déjà décidé qu’elle n’en achèterait pas. En payant l’entrée (2,50 frs par personne), la personne au guichet nous demande combien de poulets nous souhaitons. Hélas, Lydia est plus rapide et demande UN poulet. Lilou est très énervée. On nous attribue un guide qui débarque avec un tout jeune poulet qui a les pattes attachées et qui est tenu la tête en bas. Ses petits cris craintifs me font froid dans le dos. Après avoir rejoint la mare, qui est en fait plutôt comme un grand étang, nous trouvons un premier crocodile sur la terre ferme. Il s’agit d’une femelle, la plus vieille de tous. Le guide nous dit d’approcher et s’asseye sur son dos. La crocodile ne bouge pas. Le guide nous invite à faire de même. Antoine et Lydia s’approchent. Lilou est toujours offusquée par le poulet et reste sur le chemin, à 5m.


Après avoir bien fait les touristes sur le dos du crocodile, le guide attache les pattes du poulet à une ficelle, reliée à un bâton, et tape sur le museau de la crocodile avec le poulet, ceci dans le but de la faire bouger. Le poulet est à moitié mort, complètement sonné. Quelle cruauté… La crocodile ouvre sa gueule, dans l’espoir de se voir offrir le malheureux poulet. Le guide continue de l’appâter, mais l’heure du poulet n’est pas encore venue. Il devra encore servir d’appât à un autre, avant qu’Antoine et Lydia demandent au guide d’abréger ses souffrances. Nous continuerons donc la visite sans appât, ce qui ne nous a pas empêchés de voir plusieurs autres crocodiles, bouger librement.

Nous sommes très surpris de voir la population locale aller remplir des arrosoirs à 1m de la gueule grande ouverte d’un crocodile, sans aucune crainte.

Nous demandons au guide de nous montrer les cultures de riz qui se trouvent en contrebas du chemin. Il nous fait la visite, nous montre son champ de riz. Nous en profitons pour grignoter quelques grains.


Nous voyons aussi derrière un enclos des tortues. Elles sont énormes et semblent très paisibles. Quand on sait qu’elles peuvent vivre plusieurs centaines d’années, on comprend mieux pourquoi elles ne sont pas plus pressées !


Notre guide n’est pas très compétent. Quand on lui demande des informations, il répond de façon assez évasive… « Un certain temps », « plus ou moins » et « environs » sont ces mots préférés !

En reprenant la route, nous comprendrons vite que le chauffeur n’a pas une grande maîtrise en conduite. Il n’arrive pas à utiliser correctement le levier de la boîte automatique, il n’ouvre aucun contour, roule au milieu de la route, n’anticipe rien, dépasse quand il ne devrait pas et surtout ne porte aucune attention aux autres usagers de la route. Pourtant ce n’est pas les nombreuses mobylettes et les tout autant nombreux cyclistes qui manquent. Il manque peu pour qu’il renverse plusieurs fois des cyclistes. Lilou est livide et énervée !

Nous roulons jusqu’à Koudougou afin de visiter le palais d’un chef Mossi de la région. Mais comme la visite ne commence qu’à 15h, il nous reste plus qu’à trouver un restaurant où manger… Le chauffeur après avoir fait une manoeuvre et un demi-tout en plein milieu de la route, décide de faire une longue marche arrière à au moins 60 km/h jusqu’à une échoppe qui ressemble à un éventuel restaurant.

C’était sans compter sur un immense trou caché par un vieux pneu dans lequel une roue avant tombe. Nous sortons pour voir les dégâts… Tout l’avant de la calandre s’est décroché et pend ! Notre chauffeur pense qu’avec quelques fils de fer il pourra faire la réparation. Nous nous préférons décrocher les gros gros morceaux et les mettre dans le coffre, au moins comme ça, on ne les perdra pas en route ! La Jeep a maintenant un air beaucoup plus africain !

Pour nous remettre de ces émotions, nous cherchons où nous restaurer. Après avoir demandé à plusieurs « échoppes », nous arrivons à un « restaurant ». Nous avons le choix entre de la soupe de boyaux ou un riz gras. Nous choisissons le second. Nous nous installons à l’arrière du « resto », les tables sont basses et branlantes, les poules déplumées crottent à quelques pas de notre table. Les tas de déchets et de boîtes de conserve vides servent de décor. On nous sert une platée de riz bien huileux ayant une forte odeur de viande et de poissons. On se souhaite bonne chance. Lilou en avale péniblement quelques bouchées, c’est que tout à un fort goût de viande, vieille de trois jours. De mon côté, je finis mon assiette, ce n’était vraiment pas très bon, les morceaux de cramé faisaient concurrence aux sardines fumées et autres morceaux de viande et d’os… Comment font-ils pour cuisiner si mal ? On a vu tout le long au bord de la route de belles tomates, des concombres, des fruits… Leur manque-t-il des notions d’hygiène ?

Nous finissons notre pause allongé sur des chaises en plastiques devant une échoppe. Un homme travaillant à l’IGB (Institut chargé de cartographié le pays) se plaint des lenteurs de son pays et des méandres de l’administration… Il aimerait venir en Europe… Antoine lui dit plusieurs fois que son travail est important, que la maîtrise du territoire permettra une meilleure maîtrise des richesses de son pays.

À 15h, nous nous rendons au Na-yiri (palais du chef traditionnel) de Kokologho. Ce bâtiment assez grand, construit en terre est recouvert d’un enduit et sert de demeure au chef traditionnel. Celui-ci reçoit son peuple et règle les conflits à l’amiable après avoir écouté chacun. Nous visitons la demeure avec un guide qui nous explique les coutumes. La visite est intéressante et nous permet de mieux comprendre l’importance de ces chefs traditionnels dans la vie africaine.

À la fin de la visite, nous reprenons la route, pas très rassurés, notre chauffeur ayant manqué de peu d’emboutir l’arrière de la Jeep en reculant. Le retour se fait à vive allure, le chauffeur effectue des dépassements sans aucune prudence et ne respecte aucune priorité. On comprendra plus tard à ces questions qu’il ne connaît rien aux règles de circulation. Il n’a probablement pas de permis de conduire !

Après être passé chez la cousine africaine de Lydia pour lui montrer les dégâts, nous nous dépêchons de rentrer avant la nuit, étant donné que la voiture n’a plus de phares ! Après avoir failli écraser deux poules, une chèvre, bousculé 3 cyclistes, 2 scooters, coupé la priorité à 4 voitures, nous arrivons transpirant de sueurs froides, heureux et vivants à la maison !

Morale : mieux vaut conduire nous-mêmes avec nos bases de conduite européenne plutôt que de confier nos vies à un conducteur burkinabé connaissant à peu près que Ouagadougou et n’ayant aucune de ces notions !

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