Antoine Ducommun
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4ème semaine - Découverte de la ville

vendredi 29 octobre 2010, par Aduco

Lundi matin, nous allons avec Mady rechercher nos habits chez le tailleur. Après un essayage et plusieurs retouches en direct, nous sommes enfin parés à la mode africaine ! Il ne nous reste plus qu’à laver nos habits, c’est que tous les tissus sont amidonnés.
En fin d’après-midi, nous partons en ville faire un tour.
Nous rentrons une fois que la nuit tombe par une route un peu différente que l’autre jour et nous tombons sur une boulangerie. C’est à nouveau un petit bonheur que d’acheter un pain en forme de tortue ! Ça va changer des baguettes, même si c’est toujours de la farine blanche ! On se rend compte que ce qui serait un petit rien en Suisse est une joie ici !

Mardi matin, nous commençons la journée en attaquant la lessive de nos habits amidonnés. Après 3h de frotte, je crois que j’ai une tendinite au poignet droit ! C’est là que nous réalisons à quel point l’homme qui a créé la machine à laver a fait l’invention du siècle !

Et en plus, à notre grande frustration, ma tendinite est vaine, car nos habits sont toujours autant rigides ! Il n’y a qu’à voir le pantalon d’Antoine qui tient à l’horizontale pour être convaincu !

Nous nous résoudrons alors à quand même profiter de la machine à laver du pressing ! Et en plus, nous aurons le repassage inclus !


L’après-midi, nous partons en vélo (après les poignets, les mollets !) à la bibliothèque du centre culturel français. Nous sommes à la recherche de planches de dessins des plantes de M. Yero pour le document que nous rédigeons pour Jéthro. Mais manque de bol, les bibliothécaires sont en formation et la bibliothèque est fermée toute la semaine ! Sur le chemin du retour, nous repassons par la boulangerie, afin de bien enregistrer la route ! Et en arrivant au bassin du barrage, sur le bord de la route, il y a 2 femmes qui cuisinent quelque chose. Comme nous avons faim et envie de découverte, nous faisons halte. Elles font frire de la pâte dans une grande casserole d’huile. Il y a plusieurs « fritures » différentes, mais comme elles ne parlent que le Mooré et que nous ne comprenons rien de leurs explications, nous finissons par en prendre 2 de chaque ! Nous repartons donc avec 10 pièces pour la modique somme de 30 centimes suisses ! Si ce n’était pas si gras, nous aurions embarqué tout le plat ! Nous reprenons la route afin de trouver un petit endroit « tranquille » et où il est possible de respirer sans suffoquer !

N’oublions pas de préciser que c’est l’heure de pointe, 17h30, et que les camions dégagent tous une fumée noire inimaginable ! Quoique le fait de pédaler dans un brouillard noirâtre ne soit pas des plus réjouissants, c’est surtout l’odeur et l’encrassement de nos poumons qui sont insupportables ! On a déjà prévu d’aller faire une petite convalescence à Leysin en rentrant, afin de remettre nos poumons à neuf ! Bref, après avoir trouvé un petit coin, nous commençons alors la dégustation ! Il y a de l’igname frit, avec la sauce, c’est assez bon. Le deuxième c’est une espèce de beignet je pense à base de farine de haricot, salé, délicieux. Le troisième, c’est un beignet à la pâte, bon, mais ni sucré, ni salé, et surtout tellement gras qu’on pourrait huiler un plat à gratin avec nos doigts !!! Le quatrième c’est un succulent beignet à la banane. Légèrement collant, délicieux. Et le dernier c’est de la patate douce frite. Normalement c’est plutôt mangé avec des plats salés, mais en friture, on dirait une pâtisserie puisque la patate douce a un goût sucré. On se réjouit déjà de la prochaine fois où on passera par là !!!

Mercredi, nous repartons pour le centre-ville. Nous avons décidé de faire les touristes ! Le village artisanal est intéressant. Il y a un petit magasin qui vend ce que différentes personnes ont confectionné dans les ateliers, derrière la boutique. Il y a des sculpteurs sur bois qui font des sièges, des cuillères, des services à salade, un musicien qui fait divers instruments comme des Jembe, des balafons, des maracasses. Ne connaissant évidemment pas Antoine, le musicien a la bonne idée de lui proposer un petit cours de Jembe, qu’Antoine accepte avec joie. Je quitte alors vite le stand, histoire de protéger mes oreilles !!! Comme je le prédisais, le musicien tente en vain de faire taper un rythme régulier à mon cher mari, mais ne désespère pas pour autant ! Il lui propose même de venir à son magasin pour continuer de jouer. D’autres artistes font du batik, des sculptures sur bronze, et des habits. C’est intéressant de les voir travailler, et pas seulement de voir l’objet fini. Un tour dans la boutique nous permet aussi de nous faire une idée sur les prix, car blanc étant synonyme de riche, les prix ont souvent tendance à être le triple de la normale !!!
Nous continuons notre visite en nous dirigeant vers la gare. Comme ce n’est pas possible de circuler à vélo gentiment en regardant autour de nous (il y a trop d’usagers de la route dans tous les sens), nous les laissons au parking et partons à pied. Après avoir cherché pendant en tout cas 1h, nous abandonnons l’idée de vouloir trouver la gare ! Pourtant nous étions justes par rapport au plan et au nom des rues, mais nous n’avons vu ni rails, ni trains ! Tant pis ! Nous avons ainsi sillonné les quartiers environnants, découvert des échoppes de toute sorte, et passé au marché.


Après avoir failli nous faire arnaquer en voulant acheter de la ficelle, nous avons continué en quête d’un dîner ! Notre dernière expérience de repas pris au bord de la route (riz au gras) ne nous ayant pas laissé un souvenir très heureux, nous choisissons de nous arrêter dans une « pâtisserie ». Il y a des gâteaux en forme de bûche de Noël, des pâtisseries à la crème, ... Nous en déduirons après coup que c’était l’imitation d’une pâtisserie française, à l’africaine ! Original ! Antoine a pris un Hamburger, qui se révélera être un sandwich rond, avec 2 rondelles de saucisson de mouton et une feuille de salade ! L’originalité, c’est que ce n’est pas la viande qui est chaude, c’est le tout ! J’imagine qu’il ont fourré le sandwich dans un four à 200 degrés pendant 3minutes, car il était tellement bouillant qu’il a dû attendre en tout cas 10 minutes avant de pouvoir le toucher sans se brûler ! Je vous laisse imaginer l’aspect de la feuille de salade après un petit saut au four… Mais mis à part ça, c’était très bon ! Moi je me suis contentée de tourte à la crème, bonne également. Après ce petit ravitaillement, nous sommes repartis à grande enjambée vers nos vélos, car de gros nuages noirs s’amoncelaient au-dessus de nos têtes, menaçant de nous détremper ! Nous avons donné de bons coups de pédales, afin d’être rentrés avant l’averse. Mais manque de bol, je m’aperçois au 2/3 du trajet que mon pneu arrière est crevé. Heureusement, ici comme on trouve de tout, et qu’il y a des réparateurs en tout genre tous les 3m, il ne me faut pas faire plus de 20m avant de trouver une bonne âme prête à réparer les dégâts.

Un petit quart d’heure et quelques photos après, nous repartons de plus belle, car les premières gouttes sont là ! Nous allons juste pouvoir rentrer à temps, mais il pleuvra dru toute la nuit.

Jeudi nous sommes partis avec Mady à Benda Toega, pour voir l’avancée de la construction de l’école d’agriculture et prendre encore quelques mesures des bâtiments afin de préciser le plan.

Comme l’école est très proche d’où habite le pasteur Alidou Kawané, et que c’est jusque chez lui que nous allons nous rendre à pied lundi pour passer une petite semaine en brousse, nous avons essayé de bien enregistrer le chemin à suivre. Il n’y a pas de carte topographique, donc nous avons mémorisé la route du style : au croisement juste avant le péage routier, prendre à droite, ou passer à gauche du village avec le portail bleu, prendre le chemin du milieu lorsqu’on aperçoit le gros baobab à droite, etc. Donc que des points fiables ;- !!! Ne vous faites pas de soucis, si jamais on se perd, les bivouacs ça nous connaît après 18 ans de scoutisme et la brousse ce n’est pas comme on se le représente en Suisse, rempli de méchants lions, d’énormes éléphants et de hyènes ricanantes ! Il n’y a plus d’animaux sauvages en dehors des parcs naturels ! La route ne fut pas difficile à mémoriser, mais sa qualité laissait à désirer ! Comme il avait beaucoup plu la nuit précédente, le sol était boueux et plusieurs fois nous avons dû traverser une mare d’eau et de boue.

Après avoir risqué de rester embourbés au moins trois fois, nous sommes arrivés à bon port ! Nous avons commencé nos mesures, et quelle ne fut pas notre surprise de constater que le bâtiment principal avait été placé à un endroit qui ne correspondait pas au plan que nous avions sous la main, et que les limites réelles du terrain de Jéthro ne correspondaient pas au schéma. Mieux vaut en rire qu’en pleurer ! Ici la précision c’est pas souvent au rendez-vous ! Mais bon, après avoir parcouru tout le tour du domaine et mesuré les angles, les distances, nous avons pu refaire un plan plus ou moins précis ! Nous avons aussi constaté que des habitants des villages proches avaient fait des ouvertures dans le grillage afin d’avoir accès au puits nouvellement construit pour l’école. Le souci ce n’est pas qu’il profite de l’eau, mais qu’en faisant un accès n’importe comment, le terrain, au début protégé contre les bêtes risque à présent de voir les jeunes arbres et l’herbe mangée par les ruminants et perturber le travail déjà accompli.
Avant de rentrer à Ouaga, nous sommes passés chez le pasteur Alidou Kawané afin de confirmer qu’il pouvait nous héberger dès lundi. Tout est ok et nous pourrons l’aider à récolter ses cultures, car c’est la saison.
L’après-midi nous nous sommes rendus dans un cybercafé à 20 minutes de vélo de chez nous afin de donner de nos nouvelles au vaste monde !

Vendredi, nous avons eu le plaisir d’avoir quelques chèvres du gardien de nuit qui ont été mises autour de notre maison pour brouter le peu d’herbe qui a réussi à pousser entre les cailloux et les déchets ! Elles amènent de la vie et des bêêêêêlements ! Mais on les aime bien ! Gentiment, on les apprivoise et une semaine après, elles se laissent enfin approcher et caresser !


Antoine est également allé faire un tour dans le quartier pour faire des photos. Si on veut pouvoir monter une petite exposition de photo, il faudrait déjà qu’on en ait !!!


Pendant nos trajets à vélo, nous avons pu observer plein de choses comme on n’en verrait pas en Suisse ! Par exemple un homme circulant à vélo avec un arbre de 3m de haut (diamètre du tronc de 5cm) sur son porte-bagages, un autre, toujours sur le porte-bagages transportait 3 troncs de 2m de long, qui dépassaient d’environ 1m de chaque côté du vélo. Nous avons craint les dépassements, mais l’homme avait l’air de gérer, en tout cas, malgré son vélo plus large que long, il n’a pas embroché quelqu’un ! Une autre fois, nous avons pu voir le chargement de mouton dans le coffre d’une voiture. Maman, en comparaison, tu pourrais y mettre environ 20 ! Ils ont chargé en tout cas 8 moutons dans le coffre d’un vieux taxi, les uns sur les autres, et les pauvres bêtes avaient les 4 pattes attachées ensemble. Et bien évidemment, en toute logique, ils ont mis les petits dessous, et les adultes dessus !
On a aussi pu voir un déchargement de 2 moutons. Même après avoir eu les pattes détachées, les moutons ne tenaient pas debout, n’ayant plus de sang au bout des membres et étant tout étourdis.

Bref, rien que de voir la circulation c’est déjà un spectacle peu ordinaire !

Samedi, à nouveau nous sommes partis en ville, chez Urs Niggli, un Suisse qui a peut-être des livres de botanique pour nous. Hélas, il n’est pas encore rentré au pays. Ensuite, nettoyage de l’appartement, balayage, ... L’après-midi, nous sommes allés faire des courses au supermarché huppé de Ouaga afin d’acheter de quoi faire un repas Suisse pour la famille de Mady que nous accueillerons le lendemain. Au menu : spaghettis bolognaise, salade de concombre et maïs et mousse au chocolat pour le dessert ! Il faut donc qu’on trouve de la crème, un fouet et de la viande hachée. Le reste on trouvera au petit magasin à côté de chez nous. Lorsque nous rentrons, je fais la mousse au chocolat, et Antoine cuit la viande. Comme notre frigo est en panne depuis au moins une semaine, on préfère conserver la viande cuite. Heureusement que le congélateur fonctionne, comme ça on peut quand même mettre certains trucs au frais un moment ! En ouvrant les pots de crème, elle nous semble bizarre, elle est séparée, mais n’a pas mauvais goût. Je commence de la battre, mais manque de bol, elle ne devient pas crème fouettée, mais une espèce de masse grumeleuse, immonde ! Antoine repart alors à vélo en ville, racheter de la crème ! Heureusement que le magasin est ouvert jusqu’à 21h tous les soirs ! Je suis inquiète de le laisser partir seul dans la nuit. On ne sait pas ce qui peut lui arriver. Mais heureusement, il rentre 1h plus tard, sain et sauf !

Dimanche, jour tant redouté par Lilou car jour de culte ! Mais bon, comme ce n’est pas tellement compréhensible ici de ne pas aimer prier et aller au culte, je me dis que ça fera pour les 20 ans à venir ! Après le culte, nous nous pressons de rentrer pour faire le dîner. Il faut assurer, Mady vient manger avec sa petite famille ! Ils ne viendront qu’à midi, car ils font le culte en français de 7h30 à 9h45 et le culte en Mooré de 9h45 à 12h !
C’est toute une organisation de devoir cuisiner pour neuf personnes avec un seul réchaud. On s’était arrangé avec Lydia pour pouvoir aller faire cuire l’eau chez elle. Mais heureusement, Rasmata, l’épouse de Mady nous a amené le matin même un réchaud à gaz, la pénurie est finie !
À midi, la famille débarque. Afin de les faire patienter pendant la cuisson des spaghettis, nous avons prévu un petit apéro : Tucs au sel et au paprika et jus de fruit. Le grand luxe ! Les filles en mangent tellement qu’elles n’auront presque plus faim pour les spags !!!
Nous avons beaucoup de plaisir à discuter avec cette famille chaleureuse et très ouverte. Nous leur parlons de la Suisse, pour préparer un peu Mady à ce qu’il va découvrir et eux nous parle des habitudes africaines ! Après avoir montré un petit choix de photos de Suisse, nous attaquons la mousse au chocolat, très appréciée. Les photos de la neige ont fait sensation, ainsi que celle de notre mariage ! Les paysages très verts et pleins d’arbres les ont également surpris. À 15h, branle-bas de combat, car ils vont à la réunion de prière, à l’église juste à côté, mais ils doivent vite ramener les filles à la maison. Ils nous quittent donc rapidement, après une petite photo de famille faite en toute hâte !

Dès leur départ, je commence à défaire mes tresses. Je me disais que ça irait plus vite que pour les faire, ben c’était qu’une espérance ! Il nous faudra près de 4h à 3 pour tout défaire ! Antoine et Lydia sont des aides précieuses ! D’ailleurs, la coiffeuse africaine ne va pas en revenir quand je vais lui dire que c’est mon mari qui m’a aidé ! Un mari africain ne m’aurait jamais aidé, ce n’est pas dans leurs tâches et devoirs !!!

Avant :


Après :

Nous invitons Lydia pour le souper, comme il nous reste passablement du repas de midi. Mais elle-même a déjà invité 3 Burkinabés. On décide alors de faire le souper tous ensemble chez nous, on profite, car tout est déjà rangé et propre de midi, et en plus c‘est plus grand ! Au menu : la même chose qu’à midi, et en plus, comme il reste de la mousse au choc de midi, le dessert est tout trouvé ! Il nous faudra attendre jusqu’à passer 20h pour que le dernier arrive et qu’on puisse souper. Un peu plus et les spaghettis étaient beaucoup trop cuit ! On aurait dû anticiper, un rendez-vous africain ce n’est pas à la minute, c’est à l’heure près ! La soirée est super sympa ! Un des invité, Fank revient de 2 semaines passées à Paris. Il nous parle donc de ses impressions, et nous dit que chez nous c’est le pays du bouton, il faut toujours « presser » quelque chose pour que ça fonctionne ! Et il n’a pas tout tort !!!

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