Antoine Ducommun

5e jour en Brousse - Marché

dimanche 21 novembre 2010, par Aduco

Vendredi matin vers 6h, nous sommes réveillés par une petite pluie, c’est impensable à cette période de l’année. On est début novembre et normalement les dernières pluies c’est fin septembre. Le climat se dérègle vraiment.

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Heureusement pour les récoltes qui sèchent un peu partout sur les toits ou à même le sol, la pluie restera fine et de durera pas.
La matinée sera relativement calme. En effet, après avoir sorti la fin des haricots de l’ancienne église qui sert de hangar, nous les étalons au soleil afin qu’ils soient bien secs pour le battage prévu l’après-midi.

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Nous attendons, puis aidons à enlever le toit du grenier à mil actuel qui doit être totalement détruit et refait, car le plancher s’effondre à cause des termites.

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Trois personnes s’occupent de le vider, mais comme c’est très étroit, notre aide est de trop.

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Nous en profitons pour défaire les tresses de Lilou.

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Vers 10h, Antoine part au marché faire quelques photos. En bordure du marché, sur une table, un boucher venu de la ville dépèce une chèvre.

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Après avoir pratiqué un trou le long d’une patte, il souffle dans la chèvre jusqu’à ce qu’elle gonfle et que sa peau se décolle. Il l’entaille jusque sous le ventre, lui retire la peau, puis la pend à un arbre et la vide.

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Les intestins, boyaux, sont posés à la disposition des mouches sur la table. Le boucher repartira à moto avec la carcasse simplement emballée dans un vieux sac de ciment ! Ne vous faites pas de soucis, ici c’est tout à fait normal !

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De retour du marché, Antoine aide le pasteur et ses fils à battre les haricots qui ont suffisamment séché. Le battage ne se fait pas à l’aide d’un fléau, mais d’une simple branche de bois, parfois un peu tordue. C’est un travail harassant, surtout qu’il se déroule en plein soleil. Pendant ce temps, Éléonore aide Ina et Yvette à trier les 10kg riz, qui seront cuit le lendemain matin, avec 5kg de haricots et à peu près la même quantité de pâtes. La cuisson se fait sur un foyer « trois pierres ».


À la fin du repas, Alidou nous annonce qu’il a deux ensembles à coudre pour la fin de la journée, il ne nous aidera donc pas aux travaux agricoles cet après-midi. Quand nous lui demandons comment il a appris à coudre, il nous dit qu’il a simplement observé un ami qui faisait ce métier et qu’il s’est lancé d’abord dans la confection de ses propres habits, puis ceux de ses collègues de l’école biblique... Sa machine est une « Au revoir France ». C’est ainsi qu’ils appellent les vélos, machines et autres outils usagés qu’on leur envoie par container d’Europe. C’est une machine à coudre à pédale, c’est que même si le président actuel annonce l’électrification du pays dans les 2 ans à venir, l’électricité n’est pas encore parvenue à Bendatoega (situé rappelons-le à 20km de Ouagadougou. Donc on ne va même pas essayer d’imaginer les villages de brousse situés à l’autre bout du pays...) !
Dès 13h30 nous commençons à vanner les haricots. Par manque de vent nous n’arriverons pas à terminer la récolte, malgré près de trois heures de travail. Après nous être couchés tôt, nous sommes réveillés vers 22h30 par des rafales de vent et une petite pluie fine se met à tomber.

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Antoine enfile un pantalon et part vite aider à couvrir le soja qui sèche, non abrité. Avant de nous recoucher, nous décidons de redéménager notre « lit » à l’intérieur, car il fait vraiment frisquet et le vent manque d’arracher notre pauvre moustiquaire !

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