Antoine Ducommun
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Semaine de travail pour Jéthro et visite de la ferme de l’AZN, à Guié

lundi 13 décembre 2010, par Aduco

Mardi matin, nous écrivons nos derniers jours à l’ordi afin de mettre à jour prochainement nos aventures sur notre site. La journée se passera entre lecture, sieste et lessive !

Le soir, Antoine part avec les jeunes de l’église assister à l’évangélisation qui a lieu à Yagma, où ont été déplacés les sinistrés des inondations de 2009.
Arrivé sur place, j’aide les jeunes à brancher leur matériel de sonorisation pendant que d’autres montent sur la toile du chapiteau pour y brancher une croix en néon rose. Dès que la sono est branchée, des chants religieux sont diffusés. Rapidement, des habitants des environs commencent à arriver. Quelques minutes plus tard, le pasteur Alidou prend la parole. Après quoi, d’autres pasteurs présents chantent des chants repris par l’assemblée. Certains font quelques pas de danse et frappent dans leurs mains. Tout un groupe d’enfant assiste à la soirée. Au bout d’environ une heure, la parole est passée à un missionnaire blanc qui vient prêcher la parole du Seigneur. Il prend beaucoup d’exemples incluant des Américains, peuple ayant « réussi ». Voici l’une des histoires qu’il a racontées.

« Un homme étant parti faire fortune en Amérique veut rentrer dans son pays. Ne sachant pas comment transporter toute sa fortune, il décide d’acheter un gros diamant. Une fois sur le paquebot qui le ramène en Italie, il assiste à un spectacle de jonglerie. Il se met alors en tête de faire pareil avec son diamant, afin d’attirer l’attention sur sa richesse et sa réussite. Il le lance plusieurs fois en l’air… et le rattrape. Au bout de plusieurs jongleries, le bateau tangue et il n’arrive pas à rattraper à temps le diamant. Celui-ci roule sur le pont, passe la rambarde et tombe à l’eau. »
Le missionnaire enchaîne sur la nécessité de confier sa vie à Dieu, sans quoi, c’est prendre le même risque que de jongler avec sa fortune et, de risque de tout perdre ! C’est aux gens de décider de se convertir, car Dieu laisse le choix à chacun. Il demande alors aux membres de l’assemblée si des personnes veulent se convertir. Les gens qui se lèvent alors sont encadrés par des pasteurs et vont prier un peu plus loin.
Nous rentrons vers les dix heures du soir, pas facile de rouler de nuit avec des vélos, mobylettes circulant en tous sens, phares éteints.

Nous avons un trou de mémoire quant à la journée de mercredi, mais Lilou ne devait pas être au mieux de sa forme puisqu’elle s’est autoprémédiquée 5 jours d’antibiotique.

Jeudi après avoir enfin réussi à prendre contact avec Henri Girard, le coordinateur de l’ONG Terre Verte qui s’occupe de projets agricoles d’implémentation de « bocage sahélien », nous nous rendons chez lui avec Mady. Nous passons quelques heures à discuter avec ce passionné qu’est Mr Girard. Il nous donne, entre autres, de précieux renseignements sur les techniques qu’ils utilisent pour revitaliser les sols et les différentes manières de planter des haies.


Vendredi nous partons tôt pour visiter l’une des réalisations de Terre Verte (anciennement appelé l’AZN), leur ferme de Guiè, à 60 km de Ouagadougou. En chemin, nous prenons le Pasteur Alidou et Paul Sawadogo, le président du comité Jéthro du village de Benda Toega. Nous pensions qu’il était important qu’ils aient un exemple de ce à quoi tendra (mais en plus modeste) le CFA d’ici quelques années. La ferme de Guiè regroupe 100 hectares, le CFA lui n’en fait qu’un peu plus de 4 !

Une fois sur place, nous parcourons en véhicule les différentes réalisations.

Les haies qui séparent les champs sont plantées selon différentes techniques (barbelés, grillage, et diverses espèces d’arbres sont utilisés).

La ferme de Guiè sert d’exemple de revitalisation du sol. Certains champs sont utilisés pour expérimenter de nouvelles méthodes de culture.

La rotation de culture, la pâture barrée de fils électriques ainsi que l’ensilage sont quelques-unes des techniques utilisées dans cette ferme. Autour de cette dernière sont également construits une école, un dispensaire, un orphelinat et une bibliothèque. La visite est très intéressante et me permettra de compléter le document sur la plantation de haies.

Coton

Après la visite du bocage, nous visitons l’élevage.

Une vingtaine de zébus sont dans un parc fait d’une haie circulaire d’eucalyptus, enserrée dans un grillage.

Des pique-bœufs sont perchés sur certains d’eux et leur picorent les oreilles, le museau...

Nous continuons notre visite du côté de la pépinière où sont cultivées les espèces qui constituent les haies. En nous déplaçant entre les sachets de compost et les jeunes plants, Lilou pousse un cri... Un serpent s’enfuit à toute vitesse... un peu plus et elle lui posait le pied dessus. C’est notre premier serpent au Burkina !

Le soir, nous invitons Lydia pour le souper. Cela fait un bon bout de temps qu’on ne s’est pas vraiment vu, à cause de nos aller-retour en brousse et autres activités. Et c’est là qu’elle nous apprend que c’est son anniversaire aujourd’hui même ! Quel dommage de pas nous avoir avertit avant ! Mais ce n’est pas grave, avec un peu d’imagination et de rapidité (en déléguant les bonnes choses à mon cher mari, il arrive presque à être pas trop lent !!!) nous avons concocté le menu suivant : Spaguettis sauce tomate maison, avec fromage Mont-Vully (venu de Suisse via Mady, merci Maman !), saucisson de boeuf, accompagné d’un Bordeaux grand Cru et d’une salade verte.

Pour le dessert : mousse à la mangue, biscuit (genre madeleine géante) avec une bougie (eh oui, il ne faut pas oublier les traditions même en terre étrangère !) et champagne pour arroser le tout ! Bref, c’était le festin du mois ! Comme cadeau (on a pensé à tout !) : confiture de goyave fabriquée au Burkina, afin que les déjeuners permettent le plein d’énergie pour la journée !

A notre retour, Mady me prête les plans, dessinés par Claude-Eric, du futur rural qui sera construit sur le terrain du CFA. Après une nuit passée à réfléchir à la future écurie, je passe une grande partie de la journée du samedi à redessiner des plans et à réfléchir à la meilleure implantation possible du bâtiment sur le terrain. Pendant ce temps, Lilou passe sa matinée chez la coiffeuse. Après 5h passées à « discuter » avec la coiffeuse, la revoilà avec de magnifiques tresses !

Avant

Après !


Et avec son mari !!!

L’après-midi, nous faisons un saut à la séance scoute. Lorsque nous arrivons, la séance est finie, les enfants discutent dehors avec un jeune chef pendant que les cinq autres préparent leur « camp » qui aura lieu du 27 au 30 décembre. Nous participons donc à l’élaboration du programme et tombons des nues en voyant l’agencement des activités !

Pour ceux qui connaissent, imaginez un cours JS de 8 jours condensé sur 4 jours, pour des enfants de 9 à 15 ans ! En gros, réveil à 5h du matin et coucher à minuit, avec 30 minutes de repas 3 fois dans la journée, et sinon, des activités qui se suivent sans pauses. Nous sommes littéralement ébahis ! Je ne sais pas comment c’était chez nous le scoutisme du temps de Perdrix, mais en tout cas, j’imagine qu’il a dû y avoir une sacrée évolution ! Nous profitons alors de nos connaissances et de notre expérience pour leur expliquer 2-3 choses.


Heureusement, ils ont beaucoup d’attentes envers nous, ce qui a pour effet positif qu’ils nous écoutent attentivement et prennent bonne note de nos conseils. Même si nous avons réussi à leur faire mettre 1h pour le repas, et à repousser le réveil du dernier jour à 6h à la place de 5h, nous n’avons pas encore tout révolutionné ! Nous nous réjouissons quand même de participer à ce camp, qui va être plein de nouvelles expériences et de découvertes. Vive les voyages dans le temps !!! Une fois leur programme fini, nous leur donnons du matériel amené de Suisse : stylos, crayons de papier et couleurs, cahiers en tout genre et feuilles. Nous ne savions pas trop à qui les donner et comme ils n’ont quasi aucun matériel, c’est un bon début. Ensuite, nous leur montrons quelques photos d’activités et constructions scoutes, afin de leur expliquer un peu mieux comment ça se passe chez nous. Ils sont suspendus à nos lèvres et trouvent tout absolument génial. Nous avons droit à un chant en guise de remerciement, puis nous sortons pour profiter des derniers rayons du soleil pour faire quelques photos de groupe !

Nous travaillons toute la journée du dimanche à dessiner les plans du CFA, à mettre en page le document sur les espèces d’arbres et à mettre au propre les notes que nous avons prises durant notre visite à Guié.

En fin de journée, nous sortons quand même un peu.

Quitter la pollution pour la verdure. Après une centrale Cridor, des jardins d’air presque pur !!!

Nous partons nous promener dans les jardins qui se trouvent à l’arrière de l’école. Un peu de calme et de verdure.

Ici, le maraîchage bat son plein, les carreaux sont remplis de belles salades bien vertes.

Nous observons des bananiers avec leurs fleurs qui donnent, tout en mûrissant, des régimes de bananes.

N’ayant pas eu le temps de terminer tous les documents que l’on veut transmettre à Mady, nous décidons de repousser notre départ pour Bobo à mardi matin.

Lundi nous terminons nos mises en page de documents et préparons nos sacs pour notre voyage au sud-ouest du pays. Les antibiotiques de Lilou semblent avoir bien agi, car elle semble guérie... jusqu’au prochain épisode ;-) !!!

Voici nos amies les chevrettes qui, depuis aujourd’hui, prennent un plaisir évident à venir visiter notre cuisine !


Et voilà un bel Antoine, qui fait des tests de barbe ! A défaut de tresses !!!

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