Antoine Ducommun
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Chutes de Karfiguéla, Dôme de Fabédougou et Lac de Tingréla

jeudi 23 décembre 2010, par Aduco


Vendredi matin, nous nous retrouvons à 8h avec Backo (notre guide). Il nous précède sur son vélo-moteur et nous le suivons sur une vieille mobylette.

Notre première halte se fait en bordure d’un grand champ de canne à sucre. Backo nous taille un morceau de tige que nous mastiquons pour en retirer le doux jus sucré.

Ensuite, nous reprenons la route direction les dômes de Fabédougou.


Ces arrondis de Grès façonnent le paysage. Nous montons au sommet de l’un d’eux, afin d’admirer la vue en hauteur !


Les différentes strates ont été sculptées par la pluie et le vent, en arrondi. Après cette petite escapade, nous repartons à travers la plaine et ses rizières. Nous traversons plusieurs villages, dans lesquels les enfants nous demandent des bonbons... Le tourisme a déjà fait des dégâts. Après avoir suivi une majestueuse allée d’immenses manguiers, nous parquons les motos et payons le droit d’accéder aux chutes de Karfiguelà. Au loin, nous entendons les bruits de l’eau.

Arrivés au bord d’un minuscule lac, nous admirons la cascade, et tout à coup, nous apercevons un singe, de l’autre côté de l’étendue d’eau !


Puis il y en a un deuxième, qui escalade de gros blocs de pierre tombés de la falaise dans la chute.

Nous avons juste le temps de faire quelques photos avant qu’ils disparaissent dans la végétation.


Nous commençons alors à monter pour accéder au sommet de la cascade. L’eau qui coule apporte une vie supplémentaire à la nature environnante. Le paysage est magnifique. Nous nous rendons vraiment compte de l’importance de l’eau, pas seulement comme élément vital, mais également comme élément reposant, rafraichissant, ... Le lac de Neuchâtel nous manque, ainsi que toutes les rivières et autres pointes d’eau de chez nous ! Nous traversons à pied les flots et nous nous installons à l’ombre.

Après avoir sauté dans nos maillots de bain, nous partons explorer le cours d’eau en remontant les chutes et les gouilles.

On se croirait à Alpamare, sauf que ce n’est pas de la roche en plastique !!! Nous décidons de faire demi-tour en atteignant la source qui est entourée d’une végétation très dense.

Nous nous baignons dans ces gouilles, l’eau est assez fraîche, mais qu’est-ce que ça fait du bien de se baigner ! C’est notre premier bain depuis notre arrivée au Burkina ! Le luxe : se baigner dans de l’eau de source !
Après un rapide pique-nique (comme le guide n’a rien pris, nous devons lui donner un bout de nos maigres sandwichs à la vache-qui-rit...), nous repartons au lac de Tengrelà. En route, nous faisons une halte à un nouveau campement en construction, tenu par un Burkinabé et son amie hollandaise. Lilou profite de discuter un peu avec elle, pendant qu’elle refait la peinture du mur extérieur des toilettes. Elle est infirmière, a fait de nombreux voyages à vélo, notamment en reliant la Hollande au Népal en 8 mois. Cela fait du bien de parler de choses qu’on « connait », d’activités normales en Europe !

Après un passage au péage où nous devons payer 2’000 FCFA pour accéder au lac, nous nous séparons de notre guide, préférant profiter du lac et espérant voir les hippopotames depuis la rive, plutôt que de devoir à nouveau payer pour louer une pirogue. De plus, nous devons attendre la fin de l’après-midi pour espérer les voir, car ils ne sortent leur tête de l’eau que quand il ne fait pas trop chaud, et actuellement, il est 14h. Nous contournons donc le lac, après nous avoir eu la confirmation que nous pouvions sans autre nous promener autour du lac. Après 10 minutes de bicross sur de petits sentiers plein de nids de poule, nous nous renseignons auprès d’un paysan s’il sait où se trouvent les hippos aujourd’hui. Il nous indique un arbre, à une bonne centaine de mètres, près duquel les « chevaux d’eau » se reposent à quelques brasses de la rive. Nous posons notre moto au bord du chemin et nous nous approchons de l’eau, essayant de zoomer avec nos yeux éblouis par le soleil. Et soudain, nous en apercevons un ! Ou plutôt son museau ! Imaginez donc notre joie !

Lucidou, le fils de 10 ans du paysan rencontré précédemment nous rejoint et nous dit comment accéder au lac par un champ marécageux. Nous passerons deux bonnes heures à observer ces grosses bêtes, qui nous montrent par moment leurs yeux, leurs oreilles et rarement leur dos !

L’affut se fait en plein soleil, alors par moment, nous allons faire une petite pause à l’ombre histoire de refroidir un peu les machines ! Nous partageons un petit paquet de pop-corn (hé oui, on trouve presque de tout ici au bord des routes ! ) avec notre petit guide !

Nous observons ses grosses bêtes avec beaucoup d’attention, c’est étonnant comme elles sont à l’aise dans l’eau. Ils ont l’air de jouer. Ils disparaissent sous l’eau, ressortent juste le bout de leur museau, leurs petits yeux, secouent leurs petites oreilles, se bousculent.

Les petits montent sur le dos de leur mère qui s’enfonce dans l’eau.

L’un des plus gros hippopotames respire toujours bruyamment lorsqu’il revient à la surface, un petit panache d’eau s’échappe de ses grosses narines poilues. Nous avons même la chance d’assister à des bâillements.

La gueule grande ouverte nous laisse voir leurs grosses dents et leur palais bosselé.
C’est alors qu’une pirogue s’approche de nous avec des touristes à son bord. Le piroguier est très surpris de nous voir sur la rive en train d’observer les hippopotames. Il nous demande si nous avons payé le péage. Malgré notre réponse affirmative, il n’est pas content. Il nous dit que nous aurions dû payer les services d’un piroguier pour avoir le « droit » de voir les hippopotames. Nous sommes surpris, personne jusqu’ici ne nous avait interdit de faire le tour du lac, alors même que nous avions demandé plusieurs fois au péage et ensuite aux piroguiers si c’était possible.
La pirogue repart et nous nous continuons nos prises de vue et nos observations. Environ une heure plus tard, 2 gaillards arrivent à vélo. Il s’agit du piroguier de tout à l’heure accompagné par un grand sec. Ils nous demandent ce que nous faisons et nous signalent que nous n’avons pas le droit d’être ici sans payer. Ils ne veulent pas nous laisser reprendre notre mobylette pour nous en aller, à moins que l’on ne leur donne 10’000 CFA (25.-). Nous ne sommes pas d’accord de nous faire racketter de la sorte et nous leur faisons bien comprendre. Rien n’y fait, ils n’en démordent pas. Ils avancent toutes les excuses possibles pour nous faire payer, voici la meilleure : l’argent payé servirait au sacrifice de boeufs pour demander aux hippopotames « sacrés » de ne pas s’en aller. Nous téléphonons à notre guide de la journée qui n’est d’aucun secours à notre égard.
Après une heure passée à discuter et à s’énerver de tous côtés, la nuit tombante et la route étant encore longue pour regagner notre hôtel, nous allongeons la somme demandée et partons furieux. Nous irons déposer plainte à la police le surlendemain. La route pour regagner Banfora et chaotique et la pénombre ne facilite pas la conduite. Nous arriverons finalement à bon port, sain et sauf, mais toujours autant énervé !

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