Antoine Ducommun

5ème semaine

vendredi 29 octobre 2010, par Aduco

Lundi c’est mon anniversaire !
Le matin, les réparateurs pour le frigo viennent enfin ! Mais ils leur faudra 2 jours et une surveillance rapprochée pour arriver au bout de la réparation. Surveillance, car je crois que même Antoine en savait presque plus qu’eux sur le fonctionnement d’un frigo ! Mais bon, on commence de s’y faire ! Après avoir fait du soudage sans protection et laissé s’échapper du gaz toxique au beau milieu de la cuisine, le frigo remarche enfin !

En fin d’après-midi (ce qui est pour les Burkinabés la soirée), nous partons marcher dans les jardins derrière l’école. Nous découvrons un monde bien différent de la ville.

Il y a pleins de cultures, de verdure, de puits, de manguiers, d’air presque pur, et de calme.

C’est très agréable de se ballader là. Nous faisons des photos d’insectes. Les papillons sont tous beaux et grands, il y a plein de chenilles, et de libellules !




En rentrant, nous achetons diverses choses au bord de la route, de quoi nous faire un petit souper : maïs grillé, beignets et bircher (presque un vrai avec du yogourt, une pomme golden, de la papaye, des goyaves, une orange et des corns-flakes !).

Mardi, nous restons le matin par là, comme les réparateurs fignolent la réparation du frigo. Vers 15h, nous décidons de partir visiter un nouveau quartier, Ouaga 2000, très moderne paraît-il. C’est assez loin, il nous faudra pédaler plus d’une heure dans un trafic inimaginable avant d’arriver au fameux quartier (sans compter 2 arrêts pour faire réparer mon vélo, crevaison du pneu arrière, et pédale qui se taillait !).

Nous sommes bien déçus en arrivant. C’est vrai que c’est moderne, mais c’est des immenses villas, et on voit bien le décalage avec tout le reste de la population qui vivote droit à côté. On aperçoit même, dans les décombres d’une maison dont la construction n’a pas été terminée, une famille qui s’est construit un abri de fortune et qui profite de deux murs solides pour avoir un semblant de maison. Nous entrons dans ce qui paraît être un immense centre commercial. Quelle ne fut pas notre surprise déjà, qu’il n’y ait pas de parc à vélo, comme devant tous les autres bâtiments de la ville, et surtout, d’entrer dans un bâtiment quasi vide. On se serait presque cru à Coop Entilles un dimanche tout au début, quand il n’y avait que la moitié des boutiques occupées. C’était à moitié vide, et nous n’avons rencontré personne. Comme la nuit tombait, on a abrégé notre visite, et après nous être badigeonnés d’antimoustique, nous avons repris le chemin du centre-ville. En route, nous avons acheté et savouré des « petites fritures » afin de faire le plein d’énergie !

À 18h, on trouve tout ce qu’on veut à manger au bord de la route. Même pas besoin d’aller au resto, et surtout c’est bien moins cher et tout aussi bon ! En passant par le centre, nous sommes passés dans un nouveau centre commercial pour voir ce qu’ils y vendaient, et nous nous sommes permis le luxe d’un vrai litre de lait ! Lorsqu’on a tout à disposition, on ne savoure pas la même chose. Essayez de ne plus en boire pendant un mois, juste 2-3 verres de lait en poudre, et vous pourrez imaginer comment nous avons savouré notre verre le lendemain matin ! Du pur bonheur ! Ce qui est difficile c’est de se dire que pour beaucoup de gens, même le lait en poudre a un prix inabordable, alors ne parlons même pas du vrai lait. Pour vous imaginer, ici le prix d’un litre de lait ça permet à une personne de manger un repas par jour pendant 10 jours. Donc c’est énorme.

Mercredi, je vais chez la coiffeuse me faire refaire des tresses ! Que pensez-vous de ma nouvelle tête ?





Le soir, nous allons au théâtre, voir une pièce sur l’indépendance du pays. Comme cela fait 50 ans que le pays est indépendant, il y a des manifestations en rapport ! C’est une belle pièce de théâtre qui raconte un peu la vie d’une famille africaine et musulmane. La femme travaille énormément et ce n’est pas pour autant qu’elle a le pouvoir dans le couple, ni la vie facile, surtout si elle n’arrive pas à tomber enceinte. Ici, avoir des enfants est extrêmement important, et le risque chez une famille musulmane, c’est que le mari se prenne une deuxième femme pour avoir une descendance.

Jeudi, je vais suivre le cours de tresses avec la coiffeuse.


Aujourd’hui c’est le tissage qui est au programme. Le tissage c’est quand les Africaines veulent avoir des cheveux d’Européenne, donc lisses et longs.Je crois que si je devais rester vivre ici en ville, je deviendrais coiffeuse ! J’adore ça, mais je ne suis pas encore la pro ! J’ai voulu m’exercer sur la seule personne à ma disposition : Antoine ! Mais il est un peu trop douillet du cuir chevelu ;-) ! Il faudra que je me trouve un autre cobaye !!! À 17h, nous avons fait nos adieux à Mady, qui est parti pour la Suisse ! Si vous le croisez, saluez-le pour nous !

Aujourd’hui, on est vendredi. Antoine passe la journée à l’école dans la classe des CM2, ce qui équivaut à la 6ème année. Il fera un stage de 2 semaines dans différents niveaux dès le 15 novembre, et moi j’irai à la clinique Shiphra (où je suis déjà allée passer une nuit à la maternité), dans différents services pendant ces deux mêmes semaines. Ça va être intéressant de découvrir nos métiers dans un pays tellement différent.

La suite ça sera dans une semaine ! Vous n’aurez pas de nouvelles avant lundi 8 novembre, date de notre retour de la brousse ! Bonne semaine à tous et n’oubliez pas de nous écrire un petit mail de temps en temps !


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