Antoine Ducommun

Voyage à Bobo - Trajet

mardi 21 décembre 2010, par Aduco

Mardi matin, nous nous levons tôt, car nous avons encore à faire avant d’aller prendre le bus. Nous nus dépêchons d’envoyer quelques mails urgents, finissons le sac. Comme nous ne réussissons pas à imprimer les plans du rural pour Mady, nous les lui laissons sur une clé USB que Lydia viendra chercher dans deux jours chez nous, dès son retour d’un petit voyage en brousse.

9H, départ pour la gare des taxis. Après avoir attendu environ 20 minutes, le temps d’avoir suffisamment de clients pour remplir le taxi, nous partons. Il nous dépose à 9h30 pile à la gare des bus STMB. Nous achetons notre billet et à 10h, nus voilà enfin parti pour « Bobo » (Bobo-Dioulasso, seconde plus grande ville du pays et capitale économique).

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Petite explication des différentes « entrées » dans les bus, trois possibilités :
- La première possibilité : une personne de la compagnie de transport fait l’appel des passagers, dans l’ordre où ils ont acheté leur billet. Une fois appelés, nous pouvons rentrer et choisir la meilleure place (à l’ombre, vers une fenêtre qui s’ouvre et plutôt à l’avant du bus pour éviter trop de secousses). Donc plus on a acheté son billet tôt et plus on peut avoir la place qu’on souhaite.
- La deuxième possibilité c’est que l’on doit s’asseoir en respectant les numéros des sièges, donc selon le numéro sur le billet. Ceci signifie que c’est le gros chenil, car dès que les portes s’ouvrent, tout le monde se précipite à la recherche de sa place, le couloir central permet à peine à une personne mince de passer, donc lorsqu’il faut croiser une bonne mama qui porte 3 sacs gros comme mon sac à dos, je vous laisse imaginer ! Et le problème avec ça, c’est qu’on peut se retrouver à côté de n’importe qui, et devoir faire 5h de route avec une seule fesse sur le siège, tellement on est serré ! Il faut aussi savoir que ce n’est pas des autocars grands confort comme en Suisse ! Il n’y a pas 4 sièges par rangée avec un couloir central au milieu, mais 5 sièges, trois d’un côté et deux de l’autre. Donc les sièges sont très étroits, et le couloir central presque inexistant ! Le pire c’est de se retrouver sur le siège du milieu dans la rangée de trois et d’être entouré par deux hommes bien baraque ! L’avantage c’est que du coup on est tellement écrasé comme des sardines qu’on n’a même pas besoin de ceinture (de toute façon il n’y en a pas !) !
- La dernière possibilité pour rentrer dans le bus, c’est chacun va où il veut, et rentre quand il peut. Donc il faut se tenir bien derrière la porte histoire d’être le premier à rentrer ! Ensuite, comme je disais plus haut, quand on s’installe pour 5h de route, au moment le plus chaud de la journée, il faut bien choisir son côté pour ne pas avoir le soleil ! L’avantage depuis Ouaga c’est que c’est le centre d’une étoile de route, donc c’est presque des lignes droites. Donc, si l’on réfléchit bien, le soleil est toujours du même côté, reste plus qu’à y arriver !


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Durant les 5h de trajet, nous observons le paysage qui évolue de kilomètre en kilomètre : toujours plus de végétation, toujours plus verdoyante, il y a de véritables forêts de manguier, de beaux villages avec des restes de maisons traditionnels, etc. Le style d’habitat change aussi un peu, même si les toits de tôle deviennent partout à la mode. Les collines commencent à animer le paysage et deviennent une succession de vallonnement.

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À chaque arrêt du bus, des femmes viennent en courant sous les fenêtres avec sur la tête un plateau de fruits, des « sucreries » (Coca, Fanta, Sprite), des biscuits au sésame, du pain, de la chèvre ou du poulet grillé, etc. L’achat se fait par la fenêtre, rapidement avant que le chauffeur décide de mettre des gazes !

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En approchant de Bobo, on perçoit au loin des colonnes de fumée et parfois en bordure de route, d’immenses zones sont calcinées. Afin de nettoyer la brousse et de favoriser la repousse de l’herbe plus rapidement, on lui met le feu ! Quel désastre ! Enfin vers les 15h, nous voici en vue de la ville.

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Au sommet de la dernière montée, une carrière de sable attire notre regard. La montagne est creusée, subsiste juste quelques arbres perchés à 15m du sol, sur leur fragile socle de sable blanc et rose orangé. L’homme mange la montagne petit à petit pour agrandir la ville.

Une fois arrivés, nous décidons de parcourir la ville avant de trouver un hôtel. Nous partons en direction de la grande mosquée construite en banco (en 1893).

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Sa forme très particulière avec ses nombreux bois sortant des murs et des minarets (bois servant d’échafaudage lors de la construction) la fait ressembler un peu à un hérisson. Sa couleur blanche est également étonnante et contraste avec les maisons du quartier qui sont grises ou rouges, suivant la terre utilisée pour faire les briques.

Rapidement nous constatons que nous sommes bien moins souvent interpellés, nous sommes même réellement surpris de réussir à traverser le « marché de soir » sans qu’on essaie de nous vendre le moindre fruit ou légume. Les bobolais paraissent beaucoup plus calme et plus respectueux que les habitants de Ouagadougou.

Après la grande mosquée, nous attaquons la traversée du marché. À nouveau nous sommes étonnés, les vendeurs nous interpellent de manière modérée et ne nous suivent pas sur 15 mètres lorsque nous déclinons leur offre !

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Que c’est agréable ! Nous nous faisons quand même arrêter par un homme qui veut à tout prix nous donner sa carte de visite. Nous le suivons jusqu’à son échoppe qui « est juste à côté ». Comme d’habitude, les distances africaines ne correspondent pas vraiment au mètre ! Nous zigzaguons dans le marché une bonne dizaine de minutes avant d’arriver dans une ruelle de stand plus touristique les uns que les autres : colliers, masques, chemise en bogolan, couteau, ... Il parviendra à ses fins en vendant à ma Lilou deux beaux colliers pour la somme de 9000 FCFA (22 frs), alors qu’en réalité leur valeur est plus proche de 4000FCFA ! C’est typique de ma Lilou qui croyait avoir fait une affaire en faisant baisser le prix de 12’000 à 9’000 ! Pas facile le marchandage !

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Après cet épisode, nous nous rendons à la gare ferroviaire. Magnifique bâtiment de style colonial reprenant un peu le style de la grande mosquée, mais en plus moderne. Que ça fait du bien de voir des bâtiments et des monuments, ça ajoute une touche à la ville, un peu comme si elle avait une âme, une histoire, un passé ! Nous demandons à faire un petit tour sur le quai. Ici les trains ne passent qu’une fois par jour sur l’unique ligne : Ouaga-Abidjan. Et c’est un jour sur deux dans un sens, et les autres jours, dans l’autre ! Donc mieux vaut ne pas louper son train si l’on ne veut pas attendre deux jours ! On nous informe que le prochain est attendu aux environs de 20h30, mais c’est l’horaire africain, il peut aussi arriver à 23h et partir que 2h après !!!

Nous décidons de finir notre journée à l’hôtel « Casa Africa », un peu dans un faubourg, mais avec une situation calme. Au souper, nous nous faisons plaisir avec un steak sauce au poivre-frites et assiette de pâte à la provençale (en réalité, sauce à l’ail et au piment !!!). Nous échangeons quelques mots avec un jeune français qui fait le tour de l’Afrique à vélo, sacré énergumène !

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